Le village de Pesmes future capitale de la région Bourgogne-Franche-Comté ?

La fusion des deux régions Bourgogne et Franche-Comté semble désormais un fait acquis. Il reste toutefois à convaincre les populations et les élus locaux ; ce ne sera pas une mince affaire.
Et puis il y a ce casse tête que l’on résumera mathématiquement ainsi : 1 +1 = 1.
Autrement dit, pas question que subsistent en doublon les services régionaux actuellement implantés à Dijon et à Besançon.

La question fâcheuse qui en résulte est la suivante : qui de Dijon ou de Besançon sera le futur chef-lieu régional ? Nul doute qu’au jeu de celui qui a la plus grosse (capitale régionale), ce sont les Bourguignons qui l’emporteront. Mais du côté de Besançon pas question de se laisser dépouiller sans broncher au profit de Dijon.

Alors que faire ?

Au rang des propositions qui ne convainquent personne : l’annonce vite oubliée d’un partage équitable des administrations régionales entre les deux villes. Trop compliqué et incompatible avec les économies d’échelle espérées. C’est donc en terrain neutre qu’il faut chercher  une solution. Et celle-ci pourrait bien se trouver à Pesmes.

Ce village haut-saônois – réputé pour son riche patrimoine – possède également un emplacement de choix : la commune est équidistante de Dijon et de Besançon. Y implanter les futurs services régionaux constituerait donc un compromis acceptable pour les deux actuelles capitales de région. Une manière – en somme – de couper la poire en deux et d’éviter une querelle de coqs qui risquerait de cristalliser le débat.

Le dossier serait déjà bien avancé.

carte-pesmes

À Pesmes, la nouvelle a déjà fait son petit effet. Il y a d’abord ceux qui se réjouissent et voient en ce projet une incroyable opportunité de développement pour la commune et son millier d’habitants. C’est en effet pas moins de 1 500 emplois qui seront à terme délocalisés. Sans oublier les nombreux emplois induits difficilement quantifiables (dans le commerce, la restauration, le bâtiment…).

Le 15 juin dernier, le conseil municipal de Pesmes s’est prononcé – à une large majorité – en faveur du projet. La procédure de révision du Plan Local d’Urbanisme est d’ores et déjà lancée : « Il va falloir au plus vite requalifié de nombreux terrains agricoles pour pouvoir accueillir les bâtiments de la Région et construire des lotissements pour les fonctionnaires », précise Jean-Marc Louis, maire de Pesmes.

Pesmes,_le_château_et_le_pontPourtant, d’autres Pesmois affichent clairement leur opposition. C’est le cas de Daniel Courtois, président de l’association « Touche pas mon Pesmes », qui ne mâche pas ses mots : « Les gens qui habitent ici on fait le choix de vivre à la campagne dans un village tranquille et loin de la ville. Ce projet va nous amener les bulldozers, la pollution, la ville. On n’en veut pas ! »

 

Alors ? Pesmes, sera-t-elle bientôt capitale de région ?  Marie-Guite Dufay promet que la décision finale interviendra avant la fin de l’année. Mais de source bien informée, la messe serait déjà dite : Pesmes sera bientôt le nombril du monde.

La rédaction

Crédits images : Google Map et JGS25 (Creative Commons)