La prochaine inversion du sens du Doubs pourrait se produire avant la fin du siècle

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Jacques Vilotier est directeur du laboratoire de paléo-hydrologie de l’UFR de Bourgogne-Franche-Comté. Il étudie l’histoire géologique de nos cours d’eau et ses recherches sont à l’origine d’une découverte récente absolument fascinante.

En septembre 2013, il effectuait une campagne de carottages sous le lit du Doubs, dans le secteur de Baume-les-Dames. L’analyse des échantillons prélevés lui permet aujourd’hui de tirer cette étonnante conclusion : « Nous en avons désormais la certitude : le Doubs n’a pas toujours coulé dans le sens que nous connaissons. Celui-ci s’est inversé il y a environ 130 000 ans, durant le Pléistocène supérieur. »

Une permutation entre l’amont et l’aval

« C’est un phénomène courant à l’échelle géologique » précise M.Vilotier. « Nous pensons que ce retournement se produit de manière soudaine et cyclique. »

Pourtant, de mémoire d’homme, aucune inversion du cours d’une rivière n’a jamais été observée. Pas plus en France que dans le reste du monde. Mais Jacques Vilottier en a la conviction, la prochaine inversion du Doubs pourrait bien se produire avant la fin du siècle : « Les relevés montrent que les deux derniers retournements étaient espacés d’environ 130 000 ans. Soit la durée qui nous sépare du dernier. Nous arrivons à la fin d’un cycle. »

La Saône se jettera-elle alors dans le Doubs ? « Oui. Si l’inversion du bassin saônois se produit de manière simultanée. Dans le cas contraire, la confluence de la Saône et du Doubs n’existera plus. Les deux rivières s’éloigneront irrémédiablement. »

À l’évidence, l’histoire de nos rivières est loin d’être un long fleuve tranquille. Cependant, au delà du formidable intérêt scientifique de cette découverte, les conséquences d’un tel phénomène sont difficilement prévisibles. Elles n’en sont pas moins alarmantes. Du côté de la Préfecture du Doubs, que nous avons contactée, on préfère rester prudent : « On verra bien quand ça arrivera. De toute façon nous sommes en juillet, il manque du monde dans les services. »

La rédaction

Crédits photo : Florian Pépellin / Creative Commons

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