Pour une salade, il agresse un restaurateur de la rue Bersot

salade

Besançon. La violence dans son restaurant, Philippe l’avait déjà connue par le passé. Cet homme de 38 ans, passionné de cuisine, a longtemps travaillé en région parisienne et avait déjà été par le passé violenté par un client mécontent de sa cuisine. « Mais jamais par un client n’ayant pas encore mangé ! C’est du délire, je ne vais quand même pas devoir embaucher un vigile physionomiste pour éviter les fous ? »

Philippe est en colère mais il y a de quoi. À peine installé depuis deux semaines à Besançon, il a ouvert une petite brasserie dans la célèbre rue des restaurants. « Je voulais proposer une carte urbain-chic. Des produits typiques de brasserie mais revisités, moins conventionnels, pour me démarquer de mes concurrents. »

Et c’est justement cette carte des plats qui est la cause du drame. C’est en la lisant que l’agresseur de Philippe, un homme d’une cinquantaine d’années qui venait de s’installer seul à une table, a commencé à s’énerver et a demandé à parler au patron.

« Je suis allé le voir et lui ai demandé s’il y avait un problème. Il m’a répondu oui et un gros, en hurlant. Il m’a expliqué qu’il ne trouvait pas dans ma carte la salade comtoise. Je lui ai répondu que je n’en faisais pas mais qu’il y avait toute une variété de salades. Il m’a répondu, en se faisant plus menaçant, qu’ici on n’était ni à Nice, ni à Lyon, pas plus qu’à Paris que dans le Périgord. Et, tout en hurlant, m’a dit que c’était pourtant pas compliqué de mettre dans un saladier de la laitue et d’y incorporer des dés de Comté et des bouts de saucisse de Morteau ! »

Le drame intervient au moment où Philippe précise que tous les autres restaurants de la ville font des salades comtoises et que le client n’a qu’à aller ailleurs s’il n’est pas content. À ce moment-là, l’homme plie le journal l’Est Républicain qu’il avait posé sur la table et en assène plusieurs coups sur la tête de Philippe en criant « la Franche-Comté tu l’aimes ou tu la quittes ! »

« Ce fou est ensuite parti en courant, sans payer son verre de Savagnin, j’ai tout de suite prévenu la police », précise Philippe − encore marqué par la scène.

L’homme fut heureusement arrêté cinq minutes plus tard place de la Révolution alors qu’il agressait sur le marché un vendeur de moutardes de Dijon.

La rédaction

Crédits photo : Infrogmation / Creative Commons