Besançon : écœuré par la psychose ambiante, le clown Zino raccroche son nez rouge et redevient huissier de justice à plein temps

Pendant quinze ans, Zino a offert du bonheur aux enfants du parc Micaud. Il se dit aujourd’hui écœuré par la haine de la société envers les clowns.

zino

Besançon. En septembre 1999, Zino – de son vrai nom Fabrice Robignon – pose pour la première fois sa petite valise d’accessoires sur un banc du parc Micaud. Muni d’un nez rouge et d’un chapeau melon, il commence alors à jongler et à effectuer toutes sortes de pitreries. Il démontre aussi un véritable talent de ventriloque en faisant parler sa marionnette « Louisette ». Cette dernière lui attire immédiatement la sympathie des enfants et de leurs parents.

Zino décide alors de faire son numéro au parc Micaud deux jours par semaine. Chaque mercredi et chaque samedi, il est là. Et toutes les fois, les gosses sont au rendez-vous et se montrent toujours ravis de déposer une piécette dans le chapeau que leur tend « Louisette » à la fin du spectacle.
L’activité n’est pas suffisamment rentable pour en vivre mais peu importe ; le plaisir de Zino c’est de voir s’épanouir les sourires autour de lui.

L’aventure durera 15 ans sans que jamais la relation entre Zino et son public ne se distende. Et puis, en septembre dernier, survient cette vague de peur irraisonnée qui submerge la France et n’épargne malheureusement pas Besançon. « Les médias ont fait des reportages anxiogènes sur des cas d’agressions commises par de faux clowns. En quelques semaines, ils ont monté la population contre nous », déplore Fabrice Robignon.
Dans le parc Micaud, les conséquences sont immédiates : « Avant, les gosses me souriaient et accouraient dès qu’ils m’apercevaient. Maintenant ils s’enfuient en hurlant et leurs parents me chassent ou ils appellent les flics. »

La semaine dernière a été particulièrement éprouvante pour Zino : mercredi une femme le menace à l’aide d’une bombe lacrymogène et samedi plusieurs jeunes l’injurient puis le poursuivent avec des battes de base-ball. Il s’en sort de justesse en se cachant au milieu des poneys.

Lassé et écœuré, Fabrice Robignon décide alors de mettre un terme à son activité de « clown public » – comme il aimait à se définir. La page « Zino le clown » est définitivement tournée : terminés le nez rouge et le chapeau melon. Les pitreries resteront dorénavant dans la petite valise. Quant à Louisette, Fabrice confie avec émotion l’avoir déposée dans une poubelle du parc Micaud.

Fabrice Robignon était devenu Zino pour « semer de petits bonheurs » autour de lui. Il y est généreusement parvenu durant quinze ans. Il compte désormais se consacrer à plein temps (y compris le mercredi et le samedi) à son autre passion : sa profession d’huissier de justice.

La rédaction

Crédits image : Melissa Wiese / Creative Commons

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