Belfort : 82 euros pour récupérer son doudou !

Sacha – 2 ans – n’en est pas à son coup d’essai. « Il laisse souvent tomber son doudou de la poussette », explique sa maman avec une soupçon de lassitude dans la voix. « Mais par chance, on l’a toujours retrouvé. On l’a même déjà récupéré trois fois aux Objets trouvés. »

doudouchat

Doudouchat

Le doudou en question s’appelle « Doudouchat » car il ressemble vaguement à un chat bleu.

Remarquez au passage que cette couleur hautement improbable pour un chat ne chagrine en rien les enfants naïfs d’aujourd’hui. Les experts complaisants expliqueront cela par la capacité qu’ont les petits à se fondre dans l’imaginaire. Mais soyons réalistes et invoquons plutôt l’absence alarmante d’esprit critique des enfants de notre époque.

Bref, ce mercredi après-midi – et pour la énième fois – le petit Sacha profite de l’inattention de ses parents pour laisser discrètement tomber son doudou en plein centre-ville de Belfort.

Dès le lendemain matin, son père passe un coup de fil éploré au service des Objets trouvés de la ville et – pour la quatrième fois en un an (il y a des chanceux) – on lui répond que la description de Doudouchat correspond en tous points à l’un des petits pensionnaires apportés le matin-même. Sacha et son papa s’en vont alors récupérer le fugitif.

« C’est pas un doudou. C’EST UN CHAT ! », s’entend vertement répondre le fonctionnaire affecté à l’accueil des Objets trouvés quand il demande à Sacha s’il s’agit bien de son « doudou ».

Sans doute usé par les « 10 à 30 doudous perdus sur la voie publique qu’on nous ramène quotidiennement », l’employé municipal décide de se montrer compréhensif et de donner raison à l’insolent bambin. Il transfère alors d’un clic de souris le dossier « Doudouchat » au service chargé des animaux trouvés errant sur la voie publique.

Les protestations des parents n’y feront rien : il ne pourront désormais récupérer « le chat » qu’en se rendant à la fourrière municipale « à partir de demain aux horaires de bureau. »

C’est donc au milieu des chiens et chats ramassés sur la voie publique que Sacha et ses parents ont récupéré Doudouchat ce vendredi matin.
Il leur a tout de même fallu s’acquitter d’une journée de pension en fourrière (7 euros) et d’une contravention pour « divagation d’animal sur le domaine public » (75 euros.)

Souhaitons que la leçon porte ses fruits et que l’effronté garnement sera désormais disposé à admettre que ce morceau de tissu bleu et délavé qu’il maltraite avec tant d’enthousiasme, n’est et ne sera jamais un véritable chat. À deux ans, il serait temps.