L’homme qui remet les pendules du Musée du Temps à l’heure répond à nos questions

Norbert Legrippier fut autrefois jeune horloger chez Lip. Depuis 37 ans, il travaille pour la ville de Besançon. Il est notamment chargé d’effectuer manuellement le passage à l’heure d’hiver sur les 23 447 horloges du Musée du Temps avant mardi.

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Monsieur Legrippier, vous êtes donc chargé de mettre à l’heure d’hiver l’ensemble des horloges du Musée du Temps ?
Oui, je suis au courant.

Connaissez-vous le nombre exact des mécanismes d’horlogerie que vous devez reculer d’une heure avant mardi ?
Non. Moi je suis payé pour régler les horloges, pas pour les compter.

La directrice du Musée du Temps nous a donné le chiffre énorme de 23 447 horloges ! Vous pensez y parvenir avant mardi ?
Si vous continuez encore longtemps avec vos questions passionnantes, non.

Vous devez sans doute ressentir une légitime fierté à être l’homme grâce à qui Besançon demeure la vitrine de la ponctualité horlogère française au regard du reste du monde ?
Non.

Dites-moi monsieur Legrippier, quand vous étiez enfant, j’imagine que vous rêviez de devenir horloger n’est-ce pas ?
Non. Je voulais être infirmier.

Et pourquoi avez-vous changé d’avis ?
Parce que j’avais peur des aiguilles.

Et alors vous êtes devenu horloger ?
Vous êtes perspicace.

Le restant de l’année, en quoi consiste votre travail au Musée du Temps ?
Je remonte des pendules et des montres le matin. Je remonte des pendules et des montres l’après-midi.

J’imagine qu’entre vous et ces magnifiques mécanismes d’horlogerie qui sont autant de traces du passé industriel glorieux de notre ville, une véritable relation passionnelle a dû s’installer ?
Non.

Evidemment, vous gardez toujours un regard émerveillé sur ces merveilleux mécanismes qui ont traversé toutes ces années ?
Non. Ces vieilleries m’ennuient prodigieusement. Par contre, ce qui m’épate vraiment c’est mon smartphone et ma box Internet qui se sont mis à l’heure exacte cette nuit, tout seuls et sans emmerder personne.

Pourtant, après toutes ces années, il y a bien quelque chose qui vous surprend encore dans votre métier ?
Oui, que des connards de journalistes viennent me voir deux fois par an pour que je leur parle du changement d’heure.

On vous sent très « remonté » dites donc ?
Ta gueule.