Le retour en force de la théorie de la « Haute-Saône plate »

Ce débat vieux comme le monde semblait pourtant réglé depuis plusieurs siècles. Il ressurgit actuellement sur les réseaux sociaux.

Pendant très longtemps, les hommes et les femmes vivant sur le territoire correspondant à l’actuelle Franche-Comté ont pensé que la Haute-Saône était entièrement plate. Peranothène, un géographe vésulien du dix-septième siècle, a été le premier à s’opposer à cette croyance populaire en démontrant par de savants calculs que la partie nord-est de la Haute-Saône était montagneuse. Des massifs certes érodés et de basse altitude, mais néanmoins bien réels. Depuis Peranothène, l’hypothèse d’une Haute-Saône entièrement plate avait été largement abandonnée.

C’était sans compter sur le potentiel conspirationniste et hautement fédérateurs des réseaux sociaux. Apparue sur Facebook en février 2017, la page « La Haute-Saône est plate et on veut nous le cacher » compte à ce jour plus de 12.000 abonnés dont une grande partie – au vu des nombreux commentaires publiés – semble persuadée de la platitude du département 70. Une « réalité » qui serait occultée depuis des siècles par les autorités avec la complicité active des communautés scientifiques et socio-culturelles, ainsi que des lobbies économiques et financiers. Tout cela bien entendu pour de sombres raisons militaro-politiques liées à la présence de « missiles thermo-nucléaires non conventionnels dissimulés un peu partout dans le département », toujours selon les dires des théoriciens de la Haute-Saône plate .

Pour rendre leur théorie farfelue convaincante, les « platistes » osent tout : affirmations péremptoires, sources scientifiques invérifiables et montages photographiques particulièrement réussis.
C’est notamment le cas de ce cliché des Vosges hauts-saônoises présent sur Wikipédia. Il serait en fait truqué.

Pour preuve, voici le cliché « original » mis en avant par les « platistes ». Les montagnes sont totalement absentes de l’arrière-plan, et pour cause, puisqu’elles auraient été numériquement rajoutées sur la photo de Wikipédia, pour tromper les citoyens, évidemment.

Le Tour de France complice

Mais quid de la Planche des Belles Filles, ce sommet culminant à une altitude de 1.148 mètres et qui se trouve à la limite entre Haute-Saône et Territoire de Belfort ? Eh bien, il n’existe tout simplement pas ! Et pourtant nous avons tous vu ces images diffusées en direct à la télévision des arrivées très pentues du Tour de France au sommet de la Planche… Pour les « platistes », ces images ne démontrent rien car elles ont incontestablement été bidonnées : « le caméraman se penche et les coureurs se mettent en danseuses pour donner l’illusion de la pente ». Pour preuve, cette photographie « censurée » publiée le 12 septembre dernier sur la page Facebook des tenants de la Haute-Saône plate … qui ont décidément réponse à tout.

La rédaction

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